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Bruxelles, 28 avril 2015 (AFP) - L'Union européenne a renforcé mardi son dispositif contre la propagation d'une bactérie tueuse d'oliviers active dans le sud de l'Italie, passant outre l'opposition de Rome, à qui plus d'efforts a été demandé, a indiqué la Commission européenne. Ces « mesures renforcées » prévoient la mise en place d'une zone tampon de 20 kms autour du foyer de l'infection, dans la province italienne de Lecce (sud). Les arbres malades y seront abattus, et une stricte surveillance sera mise en place dans un rayon de 100 m autour de chaque souche contaminée, a précisé la Commission dans un communiqué. Les États membres doivent aussi notifier toute apparition de la bactérie et délimiter la zone touchée. Encas de nouveau foyer, ils devront détruire dans un rayon de 100 m toutes les plantes susceptibles d'accueillir la bactérie, soit 200 espèces, selon l'Agence européenne de sécurité alimentaire, dont vignes et citronniers. Les experts du comité phytosanitaire ont encore décidé « de soumettre à de strictes conditions les importations et mouvements de plantes » concernées. Mais ils ont renoncé à bannir les importations de plantes vivantes en provenance de la zone touchée. La France, qui avait adopté un tel embargo début avril, notamment face aux inquiétudes en Corse, lèvera son interdiction quand les nouvelles mesures seront officiellement adoptées, a indiqué le ministère français de l'Agriculture. Les importations de plants de café du Honduras et de Costa Rica seront elles interdites, soupçonnées d'avoir été à l'origine de l'apparition de la bactérie, Xyllela fastidiosa, en Italie, signalée en 2013. Accusée de n'avoir pas appliqué les mesures d'éradication prescrites par l'UE dès février 2014, notamment face au tollé suscité dans le pays par la perspective d'arracher des oliveraies centenaires, l'Italie a été isolée, selon une source européenne. Un vote a rassemblé tous les experts contre leur collègue italien, a-t-elle précisé. Quelque 10 % des 11 millions d'oliviers de la région de Lecce sont touchés, selon les autorités italiennes. « Abattre l'arbre est la seule solution », soutiennent les experts de l'Union européenne. Le gouvernement italien a débloqué 14 millions d'euros pour permettre aux autorités locales d'aider les exploitations touchées, et des cofinancements européens sont envisageables pour les arrachages, mais aucun dédommagement n'est prévu, selon une source européenne. Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, « salue la mise en place » de ces mesures européennes, dont la mise en place permet « d'améliorer l'efficacité de la lutte contre cette bactérie », a souligné son ministère dans un communiqué. De même source, Stéphane Le Foll « réaffirme son soutien à l'Italie qui subit un foyer important dans la région des Pouilles. Il rappelle la nécessaire solidarité à mettre en œuvre avec l'Italie et ses producteurs car seule la gestion efficace de ce foyer permettra de protéger l'ensemble du territoire de l'Union européenne ».