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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a fixé lundi comme cap la conversion au bio de 8 % de la surface agricole française, contre quelque 6 % actuellement, après les critiques acerbes portant sur ses choix de répartitions d'aides européennes.
 
« Pour l'État, la priorité c'est le financement des aides à la conversion. Le transfert opéré aujourd'hui doit nous permettre de rester sur le scénario prévu et d'atteindre l'objectif de 8 % des surfaces converties en 2021 au lieu de 6 %. Pour atteindre cet objectif, il faut bien aider l'agriculture biologique », a déclaré à l'AFP le ministre, qui s'est rendu lundi dans une coopérative bio à Michery (Yonne).
 
Selon les derniers chiffres officiels publiés par le service statistique du ministère Agreste, la proportion de surface agricole utile (SAU) française en bio était de 5,7 % à fin 2015.
 
Pour encourager la conversion, M. Travert a mis en avant la prorogation pour 2018 du crédit d'impôt en faveur de l'agriculture biologique, qui doit faire l'objet d'un « arbitrage » de Matignon. En ce qui concerne les aides au maintien des exploitations bio, qui sont versées après les trois années dites de conversion, le ministre a renvoyé la balle dans le camp des régions, qui gèrent les fonds européens agricoles pour le développement rural (Feader). « Il va y avoir une discussion avec les conseils régionaux qui sont autorité de gestion sur le Feader et qui sont les acteurs les mieux placés aujourd'hui sur l'accompagnement et notamment l'aide au maintien. À ce jour, rien n'est supprimé, c'est aussi une décision des collectivités territoriales », a déclaré M. Travert. La région Nouvelle-Aquitaine a pris les devants en signant début juillet avec l'État et des organisations agricoles un pacte pour développer l'agriculture biologique.
 
Trente-quatre organisations, dont la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), ont demandé dimanche dans une tribune au gouvernement d'augmenter la part des aides européennes destinées au bio, quelques jours après l'annonce par M. Travert d'un transfert à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du pilier I de la Pac vers le pilier II. Le pilier I de la Pac profite massivement aux gros céréaliers, le pilier II bénéficie notamment aux petites exploitations de zones défavorisées, à l'installation des jeunes agriculteurs et au développement du bio.
 
Cette annonce « ne prévoit qu'un transfert minimum dont l'essentiel de l'enveloppe est de fait déjà consommé », affirmaient notamment les signataires de cette tribune, qui dénonçaient « le quasi-arrêt des aides à l'agriculture biologique ». « Je suis venu dire que je m'inscrivais en faux contre ces déclarations », a déclaré M. Travert, qui a réaffirmé l'objectif du candidat Macron « de faire en sorte qu'il y ait 50 % de nourriture bio dans les cantines » à l'issue du quinquennat. « Si nous voulons le tenir, il ne s'agit pas de supprimer les aides bio, il s'agit plutôt de les encourager », a martelé M. Travert. La sphère bio souhaitait un taux de transfert beaucoup plus important pour pouvoir financer les aides à la conversion et au maintien et accélérer la transition de l'agriculture vers le bio en France.
 
Source : Dépêche AFP, reprise par AGRISALON.